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 La tactique du doigt

del.icio.usPar le Chef des Cabinets | 3 octobre 2007

middle-finger.jpgQuand le sage montre la lune, l’imbécile ne regarde que le doigt.

Nous on en rigole encore : le parcours de notre projet de loi sur l’immigration, l’intégration et l’asile marche comme sur des roulettes !

Pourtant, vu de l’extérieur, on pourrait croire qu’on s’est lamentablement empêtrés dans la polémique autour des tests ADN, que même la commission des loi du sénat, notoirement peu suspecte d’angélisme nous désavoue, mais c’était prévu et c’est exactement ce qu’on voulait. Le coup de l’ADN c’était quand même plutôt bien vu : ça faisait appel à des notions d’eugénisme, de pureté raciale, ça fouettait l’inconscient collectif, ça entrait en résonnance avec d’autres peurs diffuses de notre temps telles que la génétique, pourquoi pas les OGM dont l’actualité s’est opportunément souvenue avec les cafouillages de Borloo au Gromelle de l’environnement… Bref un épouvantail de première bourre.

En réalité cet amendement ne sert que de diversion et focalise efficacement tout ce que la Fronce compte encore d’antiracistes, de militants droits-de-l’hommistes, de nomenklatura anti-droite-décomplexée et leur offre un beau terrain pour exprimer toute leur capacité de subversion. Et ça marche : les pétitions se succèdent, les débats font rage dans les médias, la bronca médiatique atteint son paroxysme. Nous leur avons donné un bel os à mordre. Avec un doigt bien tendu, nous leur cachons la lune.

Mais pendant ce temps, nous, on fait notre job, efficacement, dans l’ombre et loin des feux de la rampe : on passe sans coup férir d’autres dispositions bien moins lourdes de charge symbolique, bien moins fédératrices, mais surtout bien plus efficaces pour achever complètement le droit d’asile et le droit au regroupement familial. Ainsi, ne le dites surtout pas, mais nous avons :

Réduit d’un mois à 15 jours le délai de recours en cas de refus d’octroi du statut de réfugié par l’Ofpra (par ailleurs passé sous la tutelle du ministère des purges et amputé d’une partie de son budget et de 125 fonctionnaires qui ne devaient pas remplir leur quota). C’est l’amendement 69 des bien connus Mariani et Cochet. Un mois, 15 jours, qu’est-ce que ça change madame Michon ? Eh bien déjà le délai d’un mois est en contradiction avec les dispositions générales du recours administratif en France, qui est de deux mois. Or avec un délai de 15 jours, il n’est matériellement plus possible (voir ici l’excellent article de maître Eolas) de constituer le dossier de recours dont un certain nombre de pièces doivent être délivrées par l’administration qui, elle, s’accorde des délais beaucoup plus long, et de l’envoyer par recommandé. Non seulement on supprime dans les faits le droit au recours dans une procédure administrative aujourd’hui expéditive, mais en plus on maintient les apparences face à la Commission Européenne des Droits de l’Homme (quels emmerdeurs ceux-là) qui exige (arrêt du 26 avril 2007) une procédure de recours au titre du respect des droits de l’Homme. Non mais de quoi je me mêle !

Obligé le demandeur au titre du regroupement familial à suivre 2 mois de cours de français à ses frais et dans son pays d’origine (articles 1er et 4e). Ceci au nom des valeurs de la République et pour favoriser son intégration. Qu’est-ce qu’on se marre ! On a pensé à l’obliger à s’acheter l’intégrale de Michel Sardou en édition gold mais c’était un peu trop voyant…

Elevé le montant de ressource minimal à 1 à 1,33 % du SMIC en fonction de la composition familiale (article 2), toujours dans l’optique de durcir les conditions du regroupement familial. Un plancher de ressources qui excluerait une part importante des ménages français… Ben oui quoi : faudrait pas qu’ils essayent de venir nous tondre la laine sul’dos ces pouilleux !

Compliqué les conditions du mariage mixte. Dorénavant le conjoint devra aller demander son visa long séjour dans son pays d’origine. Comme ça il pourra en profiter pour faire la bise à sa mamie. Parce que nous on pense aux mamies.

Il faut dire qu’en fait d’opposition on n’a pas trop souffert : le texte a été adopté en 1re lecture par l’Assemblée nationale le 19 septembre avec seulement 23 députés sur 477. Notre opposition est vraiment la plus conciliante du monde et notre adversaire le plus acharné a été… Etienne Pinte, député UMP de Versailles : c’est dire ! A part ça on viole par trois fois la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. La routine quoi…

Epilogue : le plus fort c’est que même notre amendement chiffon rouge qui devait faire office de diversion est en passe de tirer son épingle du jeu après un léger lifting et malgré son retoquage par la commission des lois du sénat ! Ca c’est la grande classe…

Catégories: identité nationale, management, politique |

2 réponses à “La tactique du doigt”

  1. le Chef des Cabinets dit:
    3 octobre 2007 à 16:52

    Laissez un commentaire. Ils sera publié dès validation par la rédaction.

    Merci

  2. Oxygène dit:
    7 octobre 2007 à 14:23

    Monsieur le Chef de cabinet,

    Votre tactique du doigt est la meilleure et je vous en félicite. Quelle profondeur !
    A ses fils chéris, qui, de Neuilly à St Laurent du Maroni, défendent “une politique d’intégration véritable, fondée sur notre langue, fondée sur notre culture, fondée sur notre histoire, fondée sur le respect d’une identité nationale dont nous n’avons pas à rougir” ( François Fillon), la vraie Fronce sera éternellement reconnaissante.

    Mme Michou de Guyane

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